
L’implant d’une puce GPS pour chat par un vétérinaire : mythe ou réalité ?

Smartphones, montres connectées, drones, véhicules… de plus en plus d’objets du quotidien embarquent des balises GPS pour leur géolocalisation. Et quand on sait que l’implant d’une puce électronique d’identification est déjà monnaie courante chez le chat, on imagine facilement pouvoir faire de même avec une puce GPS. Mais qu’en est-il réellement ?

L’implant GPS pour chat : un mythe persistant
Le mythe de l’implant GPS pour chat circule sur le web depuis de nombreuses années. On peut notamment lire sur certains forums spécialisés qu’il serait possible de se procurer ce type de produits auprès de laboratoires étrangers. Certains sites vont même jusqu’à annoncer des tarifs situés entre 50 et 200 euros ! Mais ces informations sont fausses. Si ces rumeurs persistent, c’est peut-être parce qu’il y a une confusion avec d’autres implants pour chat, qui eux existent bel et bien. On pense en premier lieu à la puce électronique d’identification, mais il existe aussi des implants contraceptifs. Et d’un autre côté, plusieurs sociétés commercialisent des traceurs GPS pour suivre en temps réel nos amis félins. Ces technologies restent toutefois très différentes : les combiner représente un défi qui semble pour l’instant insurmontable. Mais nous allons voir tout ça plus en détail.
La puce électronique pour chat n’est pas un implant GPS
En France, il est obligatoire de faire identifier son chat avant l’âge de 7 mois, que cela soit par tatouage ou par l’implantation d’une puce électronique. Aujourd’hui, c’est cette seconde solution qui domine. Le principe : insérer sous la peau du chat (au niveau du cou ou bien entre les omoplates) une petite puce à peine plus grosse qu’un grain de riz.

Beaucoup de gens pensent à tort pouvoir suivre la position de leur animal grâce à cette puce. En réalité, il n’en est rien. Une puce électronique pour chat est complètement inerte, elle se contente de communiquer le numéro d’identification de l’animal lorsqu’un lecteur spécifique la scanne. Le principe rejoint celui du paiement sans contact : le lecteur émet des ondes radio en direction de la puce, l’alimente par couplage électromagnétique, et celle-ci transmet alors son identifiant. C’est la technologie RFID (Radio Frequency IDentification, ou identification par fréquences radio en français).
Comme les ondes émises par le lecteur de puce électronique sont de basse fréquence, l’animal doit se trouver à moins de 20 centimètres pour que l’on puisse scanner son implant. Contrairement à un traceur GPS, la puce d’identification ne peut pas communiquer des données sur une longue distance. Et même en passant à des ondes ultra haute fréquence — ce qui porterait la portée à quelques mètres — cela resterait insuffisant pour géolocaliser un chat égaré.
L’implantation d’une puce GPS sous-cutanée : une technologie encore hors de portée
Puisqu’on peut insérer une puce électronique sous la peau d’un chat pour l’identifier, pourquoi ne pas en faire autant avec un traceur GPS ? L’idée paraît simple, mais en pratique, elle se heurte à plusieurs limitations technologiques particulièrement difficiles à surmonter… pour le moment en tout cas !
Le premier obstacle, c’est la taille. Un hypothétique implant GPS nécessite une technologie bien plus lourde et complexe que celle de la puce RFID d’identification. En effet, la géolocalisation par GPS s’appuie sur l’utilisation de satellites, et pour permettre la réception et la transmission des données, il faut intégrer à la puce différents composants tels qu’une antenne GPS, un module GSM, une carte SIM, sans oublier une batterie. Impossible de loger tout cela dans un dispositif assez petit pour être implanté chez un chat.
Pour mieux visualiser le problème, prenons le Tractive Cat 4 pour exemple : ce traceur GPS pour chat pèse une trentaine de grammes et mesure 7,2 cm de large, 2,9 cm de haut, et 1,6 cm d’épaisseur. Vous vous rendez bien compte qu’il n’est pas possible d’implanter un appareil de cette taille dans l’organisme d’un chat sans le faire souffrir ou l’exposer à de graves problèmes de santé. Et pourtant, il s’agit là d’un des modèles les plus compacts que l’on puisse trouver dans le commerce !

Et admettons qu’il soit possible de miniaturiser les différents composants du traceur et ainsi réduire drastiquement ses dimensions : il restera toujours le problème de la batterie et de sa recharge. En effet, contrairement à une puce d’identification qui fonctionne de façon passive et puise son énergie à travers le champ électromagnétique créé par un lecteur RFID, un traceur GPS doit être alimenté en permanence pour pouvoir remplir son rôle. Or, en dessous d’une certaine taille, la batterie ne permettrait de disposer que de quelques heures d’autonomie. Et même si elle était en mesure de tenir plusieurs jours voire plusieurs semaines, comment la recharger quand le dispositif se trouve sous la peau d’un chat ? On pourrait imaginer un système de recharge par induction électrique, mais on n’a pas de recul sur d’éventuels effets sur la santé de l’animal.
A cela s’ajoute le problème de la durée de vie d’une batterie, qui excède rarement 3 ou 4 ans. Il faudrait donc la remplacer au moment où elle devient défaillante, ce qui nécessiterait une opération, avec les risques que cela comporte, et les frais qui vont avec.
Aujourd’hui, implanter une puce GPS sous-cutanée chez un chat reste donc impossible. Mais la technologie repousse sans cesse ses limites, et de nombreux appareils qui semblaient pourtant inconcevables il y a quelques années font aujourd’hui partie de notre quotidien. On peut raisonnablement parier que les traceurs GPS seront un jour assez miniaturisés pour devenir implantables, avec un système de recharge sans fil qui résoudra les problèmes d’autonomie. Peut-être plus tôt qu’on ne le croit !
La meilleure alternative à l’heure actuelle : le collier GPS pour chat
Si la technologie de l’implant GPS reste hors de portée, des alternatives existent déjà pour géolocaliser nos boules de poils. La solution la plus fiable et performante demeure le GPS pour chat fixé à un collier.

Ce type de traceur repose sur l’utilisation d’une puce GPS couplée à une carte SIM pour permettre le recours au réseau GSM afin de transmettre les données de localisation. Une batterie alimente le système, et le tout tient dans un petit boîtier conçu pour s’accrocher directement au collier du chat.
L’animal porte ainsi en permanence sa balise GPS, capable de communiquer sa position chaque seconde. Résultat : on peut le suivre en temps réel depuis un navigateur internet ou une application smartphone.
Les GPS pour chat offrent souvent des fonctions complémentaires. On peut par exemple définir des zones de sécurité grâce à des clôtures virtuelles et recevoir une alerte lorsque l’animal franchit ces limites. On peut ainsi être averti lorsque son chat s’éloigne de la maison ou se rapproche d’une route dangereuse par exemple. Certains traceurs comme le Weenect pour chat renseignent aussi sur l’activité du félin : la distance parcourue quotidiennement, les calories brûlées, ou encore les zones où ils passent le plus de temps à l’aide d’une carte de fréquentation (heat map).
Les GPS pour chat ont une autonomie comprise entre 2 et 5 jours, selon la fréquence à laquelle la position de votre animal est mise à jour. Vous pouvez généralement choisir l’intervalle entre deux relevés, de 30 secondes à 5 minutes. Et la plupart des modèles proposent aussi un mode « live tracking », très utile en cas de fugue : la position se rafraîchit chaque seconde, au prix d’une consommation de batterie plus élevée. Force est de constater que l’autonomie d’un traceur GPS est relativement réduite, surtout lorsqu’on compare avec l’AirTag pour chat, dont la pile peut tenir un an. C’est le prix à payer pour un vrai suivi en temps réel — dont l’AirTag est incapable. Et contrairement à un implant, recharger un collier GPS ne pose aucun problème.


